L’ADEME a ouvert, dans le cadre de France 2030, l’appel à projets AGIBaC — Acquisition de données Géologiques vers des Industries Bas Carbone. Il finance des études et essais techniques permettant de savoir où et comment le sous-sol français peut accueillir durablement du CO2 capté par l’industrie. Premier dépôt possible le 10 décembre 2026 à 15h ; l’appel reste ouvert jusqu’au 20 mai 2027 à 15h (source : france-innovation.fr).
Avant qu’un cimentier, un sidérurgiste ou un chimiste puisse enfouir durablement son CO2, il faut savoir où le sous-sol peut l’accueillir, en toute sécurité et sur le long terme. C’est précisément le chaînon qu’AGIBaC vient financer : la connaissance géologique, préalable indispensable à tout projet industriel de captage-stockage de carbone (CCS/CCUS).
Qu’est-ce qu’AGIBaC ?
AGIBaC est un appel à projets France 2030 opéré par l’ADEME. Il finance l’acquisition de données et de connaissances sur le sous-sol français (métropole uniquement) ainsi que des essais techniques préalables au déploiement de solutions de stockage géologique de CO2. Le dispositif s’adresse aux entreprises, qui peuvent candidater seules ou en collaboration optionnelle avec des organismes de recherche ou des établissements publics (source : préfecture de Savoie).
Le budget total de l’appel, le budget par projet et le taux de cofinancement applicable ne sont pas publiés dans les sources officielles actuellement accessibles. Cette information n’est donc pas indiquée ici : elle doit être vérifiée directement auprès de l’ADEME avant tout dépôt (page catalogue : agirpourlatransition.ademe.fr). Il en va de même pour la nature exacte de l’aide (subvention ou avance remboursable) : cette information n’est pas confirmée par une source vérifiable pour AGIBaC à ce jour et reste à demander directement à l’ADEME.
Quels projets sont financés ? Les 4 axes thématiques
Un porteur peut candidater sur un ou plusieurs des quatre axes suivants, indépendants les uns des autres (source : préfecture de Savoie) :
- Axe 1 — Essais d’injection de CO2 en gisement déplété : vérifier qu’un ancien gisement de gaz ou de pétrole vidé peut retenir durablement du CO2 injecté.
- Axe 2 — Campagnes sismiques 2D/3D : cartographier le sous-sol pour identifier les zones où le stockage géologique est envisageable — une forme d’imagerie du sol.
- Axe 3 — Essais de caractérisation lors de forages futurs : profiter de forages déjà programmés pour d’autres usages afin de tester les propriétés de la roche.
- Axe 4 — Essais d’injection de CO2 dissous dans un doublet géothermique existant : tester l’injection de CO2 dissous dans l’eau chaude d’une installation géothermique en exploitation.
Ce périmètre technique s’adresse en priorité aux industriels émetteurs de CO2 difficile à éviter (ciment, chaux, chimie, sidérurgie, verre), aux opérateurs géothermiques et pétroliers-gaziers disposant d’une connaissance du sous-sol, et aux bureaux d’études géosciences qui les accompagnent.

Quel est le calendrier ?
Trois dates à retenir, confirmées via france-innovation.fr :
- 28 septembre 2026, 16h-17h : webinaire de présentation du dispositif.
- 10 décembre 2026, 15h : première relève (premier jalon de dépôt des dossiers).
- 20 mai 2027, 15h : clôture finale de l’appel.
Un porteur de projet dispose donc d’environ trois mois pour viser la première relève, ou de près de huit mois s’il vise la clôture finale. Pour un sujet aussi technique (validation géologique, éventuel partenariat avec un organisme de recherche, constitution du dossier), ce délai doit être mis à profit dès maintenant : la structuration d’un dossier de cette nature — état de l’art géologique, description des essais, plan de financement — prend plusieurs semaines.
Pourquoi ce dispositif compte, au-delà du seul financement
Le règlement (UE) 2024/1735 « Net-Zero Industry Act » (NZIA), entré en vigueur le 29 juin 2024, inscrit les technologies de captage, utilisation et stockage du carbone (CCUS) parmi les technologies « nettes zéro » stratégiques pour l’Union. Il porte un objectif d’au moins 50 millions de tonnes de CO2 par an de capacité d’injection opérationnelle dans l’UE d’ici 2030 (source : Commission européenne — DG Clima), qui souligne elle-même qu’un frein majeur à cet objectif est le manque de sites de stockage identifiés et autorisés. C’est exactement le goulot d’étranglement qu’AGIBaC contribue à lever côté France, en finançant la connaissance du sous-sol national.
Au niveau national, la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) prévoit explicitement le déploiement maîtrisé de solutions de captage et stockage du carbone pour traiter les émissions résiduelles de l’industrie lourde, celles qu’aucune substitution technologique ne permet aujourd’hui d’éliminer. Notre analyse du cadre du Net-Zero Industry Act et de la SNBC 3 et ses budgets carbone détaille ces obligations et opportunités pour les entreprises industrielles.
Point de vigilance : cet objectif européen crée une obligation pour les producteurs pétroliers et gaziers de l’Union (contribution proportionnelle à leur production passée), pas une obligation directe pour les entreprises industrielles clientes de solutions de stockage. Il s’agit d’un contexte réglementaire et de marché favorable, pas d’une éligibilité automatique à AGIBaC.
Questions fréquentes
Des entreprises implantées en France métropolitaine, seules ou en collaboration optionnelle avec des organismes de recherche ou des établissements publics. Un même porteur peut candidater sur un ou plusieurs des 4 axes thématiques (source : préfecture de Savoie).
Ces données ne sont pas publiées dans les sources officielles actuellement accessibles. Elles doivent être vérifiées directement sur la page catalogue de l’ADEME (agirpourlatransition.ademe.fr) avant tout dépôt : ne vous fiez à aucun chiffre non confirmé par ce texte.
La première relève est fixée au 10 décembre 2026 à 15h. L’appel reste ensuite ouvert jusqu’à sa clôture finale, le 20 mai 2027 à 15h (source : france-innovation.fr).
Sources et textes de référence
- ADEME — page catalogue officielle AGIBaC (texte de référence — consultez-la directement avant tout dépôt)
- Préfecture de Savoie — présentation d’AGIBaC, bénéficiaires et 4 axes
- France Innovation — webinaire et dates de relève AGIBaC
- Règlement (UE) 2024/1735 — Net-Zero Industry Act
- Commission européenne — objectif 2030 de capacité de stockage de CO2
- Ministère de la Transition écologique — Stratégie nationale bas-carbone
Votre activité produit du CO2 difficile à éviter, ou vous disposez d’une connaissance du sous-sol (géothermie, ex-gisement, forage) ? Hector Transitions vous aide à vérifier la pertinence d’AGIBaC pour votre projet, à sécuriser les données manquantes directement auprès de l’ADEME et à structurer votre dossier avant la première relève du 10 décembre 2026. Décrivez-nous votre projet — réponse sous 48 h.
Article rédigé par Dr Konstantin Ilchev, président de Hector Transitions.