Un cadre d’entreprise doit connaître en 2026 cinq repères sur l’adaptation au changement climatique : la trajectoire de réchauffement de référence (TRACC), qui fixe +2 °C en 2030, +2,7 °C en 2050 et +4 °C en 2100 pour la France hexagonale et la Corse ; le troisième Plan national d’adaptation (PNACC-3) du 10 mars 2025 et ses 52 mesures, engagées à 85 % en juin 2026 ; les obligations de l’employeur face aux fortes chaleurs (décret du 27 mai 2025) ; les données climatiques de référence DRIAS ; et la différence entre atténuation et adaptation. Ces cinq notions forment le socle de toute formation à l’adaptation.
Former ses équipes à la décarbonation est devenu courant. Former à l’adaptation — c’est-à-dire à ce qui se passe quand le climat a déjà changé — l’est beaucoup moins, alors que le cadre public s’est fixé en quelques mois. Cet article présente les repères qu’un responsable, un chef de projet ou un dirigeant doit maîtriser avant d’engager son organisation, tels que les fixent les documents officiels.

Repère 1 — La TRACC : à quel climat s’adapter ?
La première question d’une formation à l’adaptation est simple : s’adapter à quoi ? La France y a répondu en adoptant une trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC), fondée sur les données du GIEC. Selon le bilan à un an du PNACC-3 publié par le ministère de la Transition écologique le 17 juin 2026, elle fixe un cap : +2 °C en 2030, +2,7 °C en 2050, +4 °C en 2100 par rapport à l’ère préindustrielle, pour la France hexagonale et la Corse, avec des valeurs spécifiques pour les Outre-mer. Cette trajectoire repose sur le scénario tendanciel du GIEC, soit +3 °C à l’échelle mondiale en 2100.
Ce point change la nature des projets : un bâtiment, un réseau ou un site industriel conçu aujourd’hui pour durer trente ans doit être dimensionné pour le climat de 2050, pas pour celui des dernières décennies. C’est aussi ce que les entreprises soumises à la CSRD décrivent dans leur analyse de résilience — nous l’avions détaillé à partir du bilan de Bercy sur 42 rapports CSRD consacrés à l’adaptation.
Repère 2 — Le PNACC-3 : 52 mesures, 5 axes, 85 % engagées
Le troisième Plan national d’adaptation au changement climatique a été lancé le 10 mars 2025. Il comporte 52 mesures organisées en cinq axes — population, territoires et infrastructures, entreprises et activités économiques, patrimoine, mobilisation de la société — qui touchent l’ensemble des politiques publiques : santé, logement, éducation, travail, économie, agriculture, biodiversité, urbanisme, transports, culture. Le bilan du 17 juin 2026 indique que 85 % des actions sont engagées. Plusieurs mesures concernent directement les entreprises et les organismes de formation :
| Mesure | Contenu | Pourquoi elle compte pour une formation |
|---|---|---|
| Mesure 11 | Adapter les conditions de travail au changement climatique en renforçant les obligations de prévention des employeurs | Le décret du 27 mai 2025 sur la protection des travailleurs contre les risques liés à la chaleur en est la traduction : à connaître par tout manager |
| Mesure 25 | Lancer la Mission Adaptation, guichet unique d’ingénierie pour les collectivités | 184 collectivités accompagnées à juin 2026 ; les entreprises qui travaillent avec elles y rencontrent une exigence nouvelle |
| Mesure 41 | Développer les outils et informations nécessaires aux entreprises pour s’adapter | Le ministère constate que les enjeux « sont encore mal connus par les acteurs économiques » — c’est l’écart que la formation comble |
| Mesure 46 | Mobiliser la recherche et les connaissances scientifiques sur l’adaptation | Les laboratoires universitaires spécialisés sur les risques deviennent des partenaires de formation, pas seulement de recherche |
| Mesure 49 | Introduire l’adaptation dans les cursus de l’enseignement supérieur | Les cadres formés à partir de 2026 arriveront avec ce socle ; les autres doivent le rattraper |
| Mesure 50 | Former tous les agents publics aux enjeux de l’adaptation | Un fournisseur de l’État ou d’une collectivité aura en face de lui des interlocuteurs formés |
Repère 3 — Les fortes chaleurs : une obligation de l’employeur depuis 2025
Le bilan du PNACC-3 le rappelle : publié le 27 mai 2025, le décret relatif à la protection des travailleurs contre les risques liés à la chaleur renforce le socle réglementaire. Entré en vigueur le 1er juillet 2025, le décret n° 2025-482 crée dans le code du travail un chapitre consacré à la prévention des risques liés aux épisodes de chaleur intense (articles R. 4463-1 à R. 4463-8). Les mesures de prévention sont à mettre en œuvre dès le niveau jaune de vigilance canicule, déterminé à l’échelle départementale, et renforcées lorsque la canicule s’aggrave : horaires décalés pour éviter les heures les plus chaudes, équipements de protection adaptés, organisation du travail. Pour un manager, c’est une compétence opérationnelle — savoir lire la vigilance de Météo-France et déclencher les mesures — autant qu’une obligation juridique inscrite dans le document unique d’évaluation des risques.
Repère 4 — Les données de référence : DRIAS et Explore2
Une formation sérieuse n’enseigne pas des ordres de grandeur, elle apprend à lire des données. Les projections climatiques selon la TRACC sont disponibles sur les portails DRIAS-Climat et DRIAS-Eau de Météo-France, et les projections hydroclimatiques Explore2 ont été publiées selon la même trajectoire. Le bilan du ministère souligne que l’ensemble des acteurs disposent désormais de données de référence fondées sur la trajectoire retenue, sur lesquelles appuyer les actions d’adaptation des territoires, des infrastructures et des secteurs d’activité. Concrètement : un cadre formé sait où trouver, pour sa commune ou son bassin versant, le nombre de jours de forte chaleur ou le débit d’étiage attendus en 2050.
Repère 5 — Atténuation et adaptation : deux démarches, deux comptabilités
Le bilan carbone mesure ce que l’entreprise émet ; l’adaptation mesure ce que le climat lui fait subir. Les deux se complètent mais ne se confondent pas : une entreprise peut avoir une trajectoire de décarbonation exemplaire et un site exposé aux inondations. Une formation doit donc articuler les deux : c’est ce que font, dans notre catalogue de formations, le programme consacré au bilan d’émissions et à la trajectoire de décarbonation et nos formations à la conformité CSRD, où l’analyse de résilience climatique est un point de donnée attendu.
Où se forment les compétences de l’adaptation ?
Le PNACC-3 mise explicitement sur l’enseignement supérieur (mesure 49) et sur la recherche (mesure 46). Les territoires les plus exposés ont pris de l’avance : sur la Côte d’Azur, l’Institut méditerranéen du risque, de l’environnement et du développement durable (IMREDD) d’Université Côte d’Azur fait des risques et de la résilience l’un de ses cinq domaines stratégiques, avec des formations et des projets collaboratifs qui associent collectivités et entreprises. Pour un organisme de formation professionnelle, ce sont des partenaires naturels : la recherche produit la connaissance, la formation la rend opérationnelle dans les entreprises. C’est la logique de l’articulation entre l’enseignement universitaire et le conseil qui fonde Hector Transitions.
Questions fréquentes
La trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique : +2 °C en 2030, +2,7 °C en 2050 et +4 °C en 2100 par rapport à l’ère préindustrielle, pour la France hexagonale et la Corse. Elle sert de base au PNACC-3 et aux données DRIAS.
Oui, au moins deux : la protection des travailleurs contre la chaleur (décret du 27 mai 2025, mesures dès la vigilance jaune canicule) et, pour les sociétés soumises à la CSRD, la description de leur résilience face aux risques climatiques physiques.
Sur les portails DRIAS-Climat et DRIAS-Eau de Météo-France, qui publient les projections selon la TRACC, et dans les données hydroclimatiques Explore2.
Textes de référence
- Ministère de la Transition écologique — « Plan national d’adaptation au changement climatique, plus d’un an après », dossier de presse, 17 juin 2026
- adaptation-changement-climatique.gouv.fr — Le plan national d’adaptation (PNACC-3)
- Décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 relatif à la protection des travailleurs contre les risques liés à la chaleur
- DRIAS — Les futurs du climat (Météo-France)
Vous souhaitez former vos équipes aux risques climatiques et à l’adaptation ? Décrivez-nous votre besoin — réponse sous 48 h. Article rédigé par Dr Konstantin Ilchev, docteur en droit, enseignant à Université Côte d’Azur.