CSRD et paquet Omnibus : ce qui change vraiment en 2026

Le reporting de durabilité européen vient de connaître sa plus grande inflexion depuis la CSRD. Avec le paquet « Omnibus », entré en vigueur le 18 mars 2026, l’Union européenne réduit fortement le nombre d’entreprises concernées et repousse plusieurs échéances. Décryptage de ce qui change — et de ce qui reste.

Rappel : la CSRD avant l’Omnibus

La CSRD (directive (UE) 2022/2464) impose un rapport de durabilité audité, établi selon les normes ESRS et le principe de double matérialité, à un large périmètre d’entreprises. Son déploiement était prévu par vagues successives à partir de 2024.

Le « stop the clock » : deux ans de répit

Première brique de la simplification, la directive dite « stop the clock » a été adoptée le 14 avril 2025 et publiée au Journal officiel le 16 avril 2025. Elle reporte de deux ans l’obligation de reporting pour les entreprises des vagues 2 et 3 (qui devaient publier en 2026 et 2027) et décale d’un an la transposition et la première application du devoir de vigilance (CSDDD), désormais attendu en 2028.

Omnibus I : un périmètre fortement resserré

La seconde brique — la directive de simplification « Omnibus I » — a fait l’objet d’un accord entre le Conseil et le Parlement le 9 décembre 2025, avant sa publication au Journal officiel le 26 février 2026 et son entrée en vigueur le 18 mars 2026. Changement majeur : le champ de la CSRD est recentré sur les entreprises de plus de 1 000 salariés réalisant plus de 450 millions d’euros de chiffre d’affaires net. Des dizaines de milliers d’entreprises initialement visées sortent ainsi du périmètre obligatoire.

Ce que ça change concrètement

Pour les grandes entreprises au-dessus des seuils, l’obligation demeure : il faut poursuivre la préparation des ESRS et l’analyse de double matérialité. Pour celles qui passent sous les seuils, l’obligation directe disparaît — mais pas la demande de durabilité : banques (au titre de la finance durable (SFDR)), donneurs d’ordre et investisseurs continuent d’exiger des données ESG. Le standard volontaire VSME s’impose alors comme la référence pour les PME et ETI qui veulent rester dans la chaîne de valeur.

Faut-il lever le pied sur la durabilité ? Au contraire

Le report n’est pas une dispense. Les organisations qui maintiennent leur trajectoire — analyse de double matérialité, bilan d’émissions, plan de transition — gardent une longueur d’avance : accès au financement durable, résilience, attractivité. Reculer aujourd’hui, c’est risquer de devoir tout reconstruire dans l’urgence demain.

Pour aller plus loin : CSRD : obligations et seuils et l’analyse de double matérialité.

En résumé

L’Omnibus simplifie sans supprimer : il concentre l’obligation sur les plus grandes entreprises tout en laissant intacte la pression du marché sur les autres. La bonne stratégie en 2026 : ajuster le calendrier, pas l’ambition.

Sources

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