Le troisième Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC-3), publié le 10 mars 2025, prépare la France à un réchauffement de +4 °C sur le territoire hexagonal. Il s’appuie sur la trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation (TRACC) (plan recensé par Climate-ADAPT, Agence européenne pour l’environnement) et compte une cinquantaine de mesures réparties en cinq axes, déclinées en plus de 200 actions. Pour les entreprises, l’enjeu est concret : adapter l’organisation, les sites et les conditions de travail aux effets déjà inévitables du climat.
Mis à jour le 29 juin 2026. Réduire ses émissions ne suffit plus : il faut aussi se préparer à un climat qui a déjà changé. C’est tout l’objet de l’adaptation, longtemps reléguée au second plan.

Qu’est-ce que le PNACC-3 ?
Le PNACC-3 (ministère de la Transition écologique) est la feuille de route de la France pour s’adapter au changement climatique. Sa nouveauté majeure : se fonder sur une hypothèse de réchauffement explicite — la TRACC, soit +4 °C en France hexagonale — afin de dimensionner correctement les politiques et les investissements. Là où l’atténuation vise à limiter le réchauffement, l’adaptation organise la résilience face à ses conséquences.
Cinq axes, une cinquantaine de mesures
- Protéger les personnes (santé, sécurité, fortes chaleurs).
- Assurer la résilience des territoires, des infrastructures et des services essentiels.
- Adapter les activités humaines, dont le monde du travail.
- Protéger le patrimoine naturel et culturel.
- Mobiliser les forces vives de la nation.
Ce que cela change pour les entreprises
Le plan prévoit d’adapter les activités humaines : sa mesure n°11 vise notamment à renforcer les obligations de prévention des employeurs face aux fortes chaleurs. Au-delà du cadre réglementaire, chaque entreprise a intérêt à évaluer son exposition (sites, chaînes d’approvisionnement, continuité d’activité) et à intégrer l’adaptation dans sa stratégie et sa gouvernance. C’est aussi un volet attendu des analyses de risques climatiques liées à la durabilité.
Comment s’y préparer ?
- Cartographier les aléas climatiques pertinents pour ses sites et ses activités (chaleur, sécheresse, inondation, retrait-gonflement des argiles).
- Évaluer la vulnérabilité de la chaîne d’approvisionnement et des process.
- Bâtir un plan d’adaptation (infrastructures, organisation du travail, continuité d’activité), en cohérence avec son bilan carbone et sa trajectoire de décarbonation.
- Former les équipes et les managers : un volet de notre offre conformité et formations.
Questions fréquentes
La trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation (TRACC) sert de socle au PNACC-3. Elle retient une hypothèse de +4 °C en France hexagonale (soit +3 °C au niveau mondial en 2100) pour dimensionner les mesures d’adaptation.
Oui. Au-delà des politiques publiques, le plan vise à adapter les activités humaines, dont le monde du travail : sa mesure n°11 prévoit notamment de renforcer les obligations de prévention des employeurs face aux fortes chaleurs.
Non. L’atténuation réduit les émissions pour limiter le réchauffement ; l’adaptation prépare les organisations à ses effets déjà inévitables (chaleur, sécheresse, inondations). Les deux sont complémentaires.
Textes et sources de référence
- Ministère de la Transition écologique — 3e Plan national d’adaptation (PNACC-3)
- Portail de l’adaptation au changement climatique
Article rédigé par le Dr Konstantin Ilchev, docteur en droit, président de la Société Générale de Transitions.
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